lundi 20 mai 2013

Weather Festival @ Montreuil
+ After LIES @ Montreuil
+ After @ Electric
18/05/13 - 19/05/13


Le Weather Festival débutait pour nous vendredi à La Machine (retour ici) et ce n'était que le début d'un marathon techno à la limite de la décence. Mais on aime ça, l’indécence. A peine ouvert, c'est dans l'ascenseur que l'on ressent la première vague d'une chaleur qui nous enivra toute la soirée jusqu'à nous pousser à ne plus vraiment porter nos vêtements. Il serait bien difficile de résumer une soirée si longue et si intense en quelques lignes. Arrivés aux alentours de 18h on retiendra d'abord le charisme de Robert Hood et la fraîcheur de Nina Kraviz. Puis il fut difficile de quitter la salle du bas, de DVS1 à Chris Liebing en passant par le live de Polar Inertia, rien ni personne ne pouvait nous faire arrêter de danser à part cette coupure de quelques minutes au milieu du set de DVS1. De temps en temps, on visite ce palais qui accueille là plus de dix mille personnes. Les visages sont variés, pâles, souriants, dérangés, heureux et parfois même énervés. En vérité, nous n'avons vu aucun visage énervé et avons été surpris du nombre de réactions négatives postées sur l’événement facebook. Nous n'avons pas eu assez soif d'eau et avions prévu d'emmener le strict minimum de vêtements pour éviter les vestiaires, 2 points qui ont l'air d'avoir posé problème (à juste titre peut être mais comme nous n'avons pas vécu ces problèmes, on n'en parle pas). 

On s'arrête quelques secondes, le sol tremble sous nos pieds, c'est la rave. Même si la chaleur a tenté de nous assommer vers la fin, Len Faki n'a pu s'empêcher de transfigurer la salle en son Berghain d'adoption. Un set surprenant d'une violence et d'une précision qui nous redonnait la force que nous avions en arrivant, il y a déjà dix heures. On ne sait plus où se mettre, on monte sur les tables, on danse, je croise les regards de mes potes, ils sont heureux, je suis heureux, on danse, on sourit en dansant, on a envie de dire que c'est n'importe quoi de danser comme ça en souriant, de quoi j'ai l'air, je suis bienheureux, happy, enchanté, content. Les lights sont surpuissants, le bout de la salle est si loin, il a l'air si bondé, il y a des gens dans des escalators, et des escalators dans sous nos pieds. Il y a des lumières vertes et des gens qui crient. Il y a des toilettes propres parce que d'autres gens les nettoient. Il y avait aussi des lumières bleues et d'autres étaient rouges. J'ai préféré les lumières rouges. Le sol est une flaque d'eau et nos chaussures seront salles en sortant. 

Après le final et la délivrance de la fraîcheur matinale des rues de Montreuil, le signal de l'after était lancé.
Les 2 membres de l'équipe Midi Deux présents se séparent. L'un rejoint les pointures du label new-yorkais L.I.E.S. et l'autre s'en va prendre le bus pour l'Electric. 

L'after L.I.E.S nous accueillait sur le toit du Palais des Congrès, une grande salle de parquet où les amoureux d'une techno éclectique et puissante ont pu se retrouver pour quelques heures. Une ambiance intimiste sous un léger soleil gris. Ron Morelli ouvre l'after, suivi par un set puissant du jeune Delroy Edwards, Traxxx clôturera cette petite fête vers 12h par une techno chaotique et déglinguée. Steve Summers et Svengalisghost n'auront pas eu le temps de jouer de leurs terribles machines (problèmes techniques il paraît). Ceux qui auront la force de continuer prendront leur métro à deux mains et s'en iront à la Concrete ou à l'Electric.

L'ambiance était aussi très intimiste à l'Electric. On a pris le cinq ou sixième bus et ce n'est qu'une cinquantaine de personnes que l'on retrouve à l'entrée. Certains étant déjà partis car les portes ont tardé à s'ouvrir. On se retrouve dans un bar à attendre l'entrée du Monoprix. C'est l'heure du café qui fait bien plaisir puis on s'installe dans l'entrée de Monoprix. L'heure tourne vite, on entre pour rejoindre Antigone et c'est admiratif que l'on se retrouve lorsque le live se termine. Mike Dehnert , Silent Servant, Behzad & Amarou, Jasper Wolff & Maarten Mittendorff et Makam se succéderont pour ravir une salle où l'on peut encore danser en famille. On est une centaine, peut être plus, peut être même 300 ; le fait est que l'on a beaucoup de places pour danser, discuter et rêver devant une vue idyllique de Paris. A l'intérieur ou sur la terrasse (qui ressemble étrangement à une piste d'hélicoptère comme celles qu'il y a dans GTA Vice City), on aime sourire à son voisin, on aime discuter avec lui, on aime regarder des filles faire la roue, on aime se rejoindre sous une tonnelle quand il pleuviote et on aime courir pour profiter de l'espace.

La salle se remplit très doucement entre 7h et 19h30, heure à laquelle je vous quitte. J'ai été ravi. 

FG. & MF.



Belle de Nuit 
L.I.E.S Records
24.05.13


Electroni[k] revient à l’Ubu avec une troisième Belle de Nuit : Vous y découvrirez lors de cette nouvelle nuit électronique des artistes du label L.I.E.S. (Long Island Electrical System), élu label de l'année par Resident Advisor, charté de partout en 2012 et encore ultra-prometteur. Entre techno et expérimental, entre house et acid, L.I.E.S est un cosmos bien huilé qui séduit et trouble ses auditeurs. Le label new-yorkais brouille les pistes et joue d'un pouvoir persuasif désormais certain. Voici une sélection de sons et clips qui peut donner un avant-goût de l'état d'esprit si spécial des américains. 











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Sntwn : Opening Weather Festival
@ La Machine
Blawan - HTTP - D'Marc Cantu
17/05/13


C'était vendredi soir. J'ai l'impression que c'était hier. En fait, je ne sais plus vraiment quel jour on est. Quoi qu'il en soit, c'était à La Machine du Moulin Rouge et ce n'était pas qu'un simple "opening". L'équipe de Sonotown pariait sur un line up des plus pointus et ils ont terriblement bien fait. Autant le dire tout de suite, c'était l'une des meilleures soirées à La Machine.

Kassem Mosse est en live lorsqu'on arrive sur les lieux mais nos potes d'HTTP sont eux aussi prêt à tâter leurs gros synthés et il était hors de question de louper ça. Une minute après s'être installé devant eux, on a déjà oublié cette légère frustration de ne pas apprécier le live de Kassem Mosse. Valentin et Benjamin sont au mieux de leur forme et le public pète bien son câble sur des lignes acid aussi folles les unes que les autres. La Chaufferie se remplit au fur et à mesure. Chaque pion dansant se risquant à s'installer devant la scène ne pourra plus la quitter. Il y a trop de sourires, trop de passion, trop de danse. "Trop de" n'est pas français. Je viens de dire à un ami sur l'internet que j'écris le retour de l'opening. C'est bien clair que ce retour ne va pas être le plus beau lyriquement parlant. Comme il me l'a dit "je me défoule sur mon clavier plutôt". J'ai encore trop le sourire et l'idée de parler du live de D'Marc Cantu me donne des frissons. Car on était à ce moment dans un rêve inimaginable. Ce live est l'un des plus beaux qu'il m'ait été donné de voir. D'Marc Cantu le talentueux. Eliott Litrowski danse comme jamais, il est le chef d'orchestre d'un public en extase. 

La notion d'heure a quitté les lieux. Il est temps de rejoindre le Central pour la fin de Ben UFO et Tama Sumo. L'ambiance a l'air d'être au beau fixe ici aussi. Ce line up est décidément plein de talent. Et Blawan a réussi à nous garder dans la chaleur de ses bras. Le Central n'est plus aussi rempli qu'il y a 2 heures mais les danseurs encore présents sont des professionnels. La joie de vivre jusque la dernière seconde.

Cette soirée était belle. Tenez, ces 2 podcasts signés HTTP et D'Marc Cantu. 

  

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FG.

vendredi 17 mai 2013

Cosmin TRG - Gordian [50weapons]


Il impressionnait avec Simulat, exemple même d'un premier album à la fois sincère et réussi. Cosmin TRG n'en était pas à son premier essai mais c'est bel et bien depuis la sortie de cet intense objet qu'il est devenu l'un des artistes dont le travail est à suivre de près. Cosmin vient confirmer son talent avec Gordian, son second album, corps plus vaste que le premier. 

Trois tracks après s'être immiscé à l'intérieur de l'album, on sent déjà que le producteur roumain a voulu en dévoiler un peu plus sur lui. De cette langoureuse introduction qu'est New Structures For Loving au plus intense Desire Is Sovereign en passant par les nappes noires de Gordian, l'envie de parcourir cet objet jusqu'au bout est déjà irrésistible. Deux morceaux plus loin, le temps s'arrête. Semipresent s'emploie à nous faire broyer du noir ; chaque millimètre de notre visage se crispe et c'est dans un bain de gimmicks que nos yeux se réveillent. Epsilon, Epsilon ne dure que deux minutes, deux minutes rendant l'auditeur assez candide pour qu'il consente de devenir le pantin des quatre derniers tracks.
Entre changements de rythmes, nappes psychédéliques et discussions sonores, Cosmin touche du doigt ce précipice métaphysique qui nous amène dans un état abstrait d'extase. To Touch Is To Divert est une ode à la danse en solo, celle sur laquelle on crée une panoplie de mouvements en désaccord avec la réalité en marche. On est dans une immense salle vide et l'ambiance est à son paroxysme. 

Cosmin confirme. Gordian ne se déguste pas de A à Z par hasard. La cohérence de cet album nous séduit et très vite, on se plaît à rejoindre des méandres rythmiques ctomme celles de Vertigo, cette bielle balle de track, encore.  




FG.

mercredi 15 mai 2013

Bloc @ Cabaret Sauvage
10.05.13



C'est cueilli par Percyl que l'on entame cette soirée. Les murs du cabaret sauvage tremblent déjà sous des rushs acides puissants. Efficace mise en jambe que celle du duo, au sens propre du terme. Les deux diggers savent y faire et le font bien ; leur set oscille entre le corps et l'esprit sans jamais tomber dans le piège facile du warm up exténuant.

Puis arrive celle qui fera chavirer nos coeurs, Dasha Rush. Comment ne pas plébisciter un set qui s'ouvre sur le catalogue de Raster-Noton ? La russe " citoyenne du monde " comme elle aime à se décrire, entame donc les hostilités avec une techno teintée d'IDM du meilleur cru avant de bifurquer vers une conquête spatiale aux mille et une phases expérimentales. De Jeff Mills à Psyk, l'hypnose prend. Techniquement irréprochable, son set prend petit à petit le pas sur les corps plus ou moins grisés du public et c'est à ce moment là qu'elle fait mouche. La voix de Severn Cullis-Suzuki lors de son speech à l'ONU en 1992 s'immisce dans nos esprits à mesure que les ondes se répercutent sur les murs. I'm here to speak for all the génération to come. Le reste du set est à l'image de ce que représente ce changement de paradigme : Osé, extrêmement varié et maîtrisé de A à Z. On ressort de là avec les pupilles dilatées, l'esprit en ébullition et "something for your mind" en repeat dans un coin de notre matière grise.

Northern Structure prend le relais et s'occupe justement de notre équilibre psychologique. Un vent glacial souffle sur nos visages et une techno modulaire emplit l'espace. La performance des danois est aussi nerveuse qu'efficace. Une autoroute s'ouvre alors, et la poursuite commence. Impossible de prévoir les mouvements sonores du duo qui prend un malin plaisir à désorienter les danseurs. On finit par se faire distancer et ne reste que le battement du kick qui nous guident jusqu'à ce que les applaudissements retentissent.

Puis viens Adam X ou la rave industrielle. A cette heure avancée de la nuit il réussit le pari de tenir en haleine une foule déjà bien entamée sur des rythmes inconnus pour la plupart. Communicatif, il agrandit un peu plus notre pourcentage de contentement en se risquant dans des territoires oubliés du New York des années 90. 140 bpm, à l'aise. Il termine l'office avec un soundsystem se résumant à son retour, la façade devenant de plus en plus inaudible. C'est un vrai.

Une bonne soirée donc, autant pour le corps que pour l'esprit.




JLG.